Culture catalane

À Canohès, la langue et la culture Catalane sont parties prenantes de l'identité de notre village. nous avons signé, avec le Conseil Général et la Région une « Charte en faveur de la langue et de la culture catalanes ». Nous avons initié des cours de catalan pour adultes, qui connaissent un succès certain.
sardane-23 juillet

poesia

L’HOME DE LA PRADA

La prada s’estenia amb un pendent poc costerut, calma i silenciosa en la calor d’aquesta matinada de juny. Adossat al seu arbre, l’home contemplava el paisatge familiar, el coneixia de tota la vida, va nèixer aqui i la seva vida va transcorre al peu d’aquestes muntanyes que feien part de la seva història.

Ara allà, tranquil, els ulls mig clucs, escoltava el cant dels invisibles, tota aquella vida laboriosa i discreta dels insectes, de les papallones o dels rosegadors.

Encara ahir, els blats ondulaven sota la brisa estival i les ondes rosses li cantaven la riquesa de la terra, la successió de les estacions i les feines dels pagesos doblegats sota la labor. Al lluny, la calor feia ballar l’horitzó.

A l’home li agradava sentir la suau exhalació de la terra, el fenc tallat, la rosada del matí tot d’una beguda per les herbes assedegades.

Mes avall, el poble amb teulades vermelles es cargolave en un meandre del riu. El seu cordó fresc i peresós serpejava a la prada silenciosa en aqueste hora del dia. Els carrerons estrets i obscurs tallaven l’amàs de les cases de pedres seculars. Era agradable viure dins aquelles cases on el record dels ancians es perpetuava de generació en generació per les anècdotes contades a la vetllada. El home les coneixia totes. Des de la infància fins a la major maduresa, va sentir aquelles llegendes, i ara, ell mateix en feia part.

Havia vist créixer l’arbre que l’emparava de l’ardor del sol. Li havia confiat ses joies i ses penes, havia pujat a les branques, l’havia abraçat tendrament. Eren amics.

Ara es sentia feliç i serè. Va tancar el ulls per assaborir millor la pau, el benestar. Se sentia lleuger, tan lleuger. El seu esperit volava a sobre de la prada, a sobre del poble, a sobre del seu arbre. Podia veure’s ajagut sobre l’herba, els ulls tancats, immovil.

Volava de més a més alt en el cel sense núvols i la claror del dia l’enlluernava, li torbava la vista.

Després, tot va esdevenir difús.

Després no va veure res més.

Després es va dissoldre dins l’atzur…


 L’HOMME DE LA PRADA

La prairie s’étalait en pente douce, calme et silencieuse dans la chaleur de cette matinée de juin. Adossé à son arbre, l’homme contemplait ce paysage si familier. Il le connaissait depuis toujours, il était né ici et sa vie s’était déroulée dans ces montagnes qui faisaient partie de lui-même.

Il gisait là, tranquille, les yeux mi-clos, à l’écoute de chants invisibles de toute cette vie laborieuse et discrète des insectes, des papillons ou des rongeurs.

Hier encore les blés ondulaient gracieusement sous la brise estivale et ces vagues blondes lui contaient la richesse de la terre, la succession des saisons et le travail acharné des paysans courbés sous le soleil. Au loin, la chaleur faisait danser l’horizon. Il aimait sentir la douce exhalaison de la terre, le foin coupé, la rosée vite bue par les herbes assoiffées.

En contre bas, le village aux toits rouges se lovait dans un méandre de la rivière. Ce cordon frais et paresseux serpentait dans la plaine endormie. Les ruelles étroites et sombres coupaient ces maisons en pierres séculaires. Il faisait bon vivre dans ces demeures où le souvenir des anciens se perpétuait de génération en génération par les anecdotes contées à la veillée. L’homme les connaissait toutes. De sa plus tendre enfance à sa plus grande maturité, il avait entendu ces légendes et à présent en faisait lui-même partie.

Cet arbre qui l’abritait des ardeurs du soleil, il l’avait vu grandir. Il lui avait confié ses joies et ses peines, il avait grimpé dans ses branches, l’avait serré contre lui… Il étaient amis

Il était heureux et serein. Il ferma les yeux pour mieux savourer cette paix. Il se sentait léger, si léger. Son esprit volait au-dessus des prairies, au-dessus du village, au-dessus de son arbre. Il pouvait se voir allongé dans l’herbe sèche, les yeux clos, immobile. Il volait de plus en plus haut dans le ciel sans nuages et la clarté de ce jour l’éblouissait et troublait sa vue.

Puis tout devint diffus,

puis il ne vit plus rien

puis il se fondit dans l’azur…